GUINEE PROFONDE NEWS
- guineeprofondenews
- 10 déc. 2022
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 déc. 2022
ARTICLE 1
LA CONVENTION NATIONALE DU RPG ARC-EN-CIEL : QUE FAUT-IL COMPRENDRE ? (PAR SEKOUBA MAREGA)

LA CONVENTION NATIONALE DU RPG ARC-EN-CIEL : QUE FAUT-IL COMPRENDRE ? (PAR SEKOUBA MAREGA)
La convention du parti au pouvoir en Guinée s'est tenue du 05 au 06 Août 2020 au Palais du peuple, à l'issue de laquelle, le président de la République Pr Alpha CONDÉ a été plébiscité avec doléance par les délégués comme le candidat « unique » du parti à l'élection présidentielle du 18 octobre 2020. Un processus de choix qui a d'abord commencé par les sections du parti et les partis alliés, puis, terminé par les membres du bureau politique national (BPN). Si ce choix a beaucoup conforté les partisans du RPG ARC, il a aussi beaucoup déçu les opposants, certains acteurs de la Société Civile et même parfois certains observateurs nationaux. Au-delà de l'apparence, qu'est-ce qui motive ce choix politique (A) ? Pourquoi ce choix engendre tant d'indignation chez certains guinéens (B) ? Quelles conséquences ce choix, s’il est accepté, pourraient engendrer (C) ?
Nous allons dans les lignes qui suivront, décrypter ces interrogations suscitées ci-haut.
A. DE LA MOTIVATION DU CHOIX
Suite au plébiscite du président Alpha CONDÉ, beaucoup de personnes s'indignent et se lancent dans des critiques extrêmes estimant que la Démocratie (jeune) guinéenne est en passe de basculer dans un trou profond, ouvrant ainsi la porte aux multiples options de « Dictature » dont les premières seraient la socialisation de réformes constitutionnelles en Guinée. Mais pour bien comprendre ce choix, nous allons nous fonder sur le comportement politique, à travers la théorie de la rationalité soutenue par Anthony DOWN, qui pense que le choix politique est fait sur une base rationnelle, c'est-à-dire, que l'homme politique est un produit consommable dont il faut analyser et tester sa qualité en fonction de ses attentes avant de l'acheter avec sa voix (vote), cette théorie politique, est inspirée de la théorie économique de la loi de l'offre et de la demande. Mais pour qu'un électeur soit rationnel, il doit lire et comprendre les programmes politiques, les discours politiques, bref, l'offre politique en général. Cette théorie nous permet de comprendre, à mon avis, le choix des élites du RPG ARC, qui ont pour arguments, le bilan du président actuel comme très satisfaisant, parce qu'ils bénéficient des postes Ministériels, les postes de Secrétariats Généraux, des postes de Directeurs, être recruté à la fonction publique et autres faveurs de la Gouvernance du président Condé. Donc, ils ont toutes les raisons valables, pour soutenir la candidature de l'homme politique qui les garantie tous ces bénéfices susmentionnés. Cependant, ces élites sont moins déterminant dans la base électorale du RPG ARC, car, 15% seulement des Guinéens ont une notion claire des enjeux politiques ¹( la thèse de doctorat de Dr Ramadan Diallo, Ethnicité et processus démocratique en Guinée, de 1990 à 2015), ce constat, le président Alpha Condé en est conscient, car, il affirme à chaque occasion que « ceux qui m'ont porté pouvoir sont ceux qui ne savent pas dire RPG mais “RPC”» pour souligner l'analphabétisme de sa base électorale. A ce propos, lors de cette convention, il a même avancé des chiffres, en affirmant que « ... les 80% de ceux m'ont porté au pouvoir sont ceux qui disent “ RPC”... ». Donc, pour compléter notre analyse, nous allons utiliser l'identification partisane développée par l'école de Michigan aux USA dans les années “40” une théorie qui consiste à identifier les partis et/ou les leaders dans lesquels les électeurs s'identifient, cette théorie a démontré que les électeurs choisissent en amont avant même les élections et que les campagnes ne changent pas leur choix mais au contraire, les campagnes les confortent dans leur choix. En appliquant cette théorie au comportement politique en Guinée, nous comprenons que les électeurs s'identifient déjà en général à des partis politiques ou aux leaders politiques et quelques les campagnes, leur position ne changent pas, sauf une action majeure pour espérer le changement de leur position. Ainsi, sur cette théorie, les «80% » indexés par le président lui-même en sa faveur ne changent pas. En Guinée, cette théorie est renforcée surtout par la corrélation du choix politique sur l'appartenance ethnique, qui est déterminée en général par 82,25% (Ethnicité et le processus démocratique en Guinée, de 1990 à 2015, pp 254, Dr Ramadan DIALLO). C'est-à-dire qu'il existe un lien entre le vote de 82,25% des Guinéens à l'ethnie de leur candidat. Voilà entre autres, les raisons qui justifient le choix de la base au sommet du RPG ARC.
B. DE L'INDIGNATION DE CERTAINS GUINÉENS.
Depuis des années, 2016 précisément, les opposants et quelques organisations de la Société Civile ont engagé des résistances à plusieurs reprises pour empêcher non seulement, le changement constitutionnel qui a eu lieu le 22 mars dernier mais aussi dissuader le parti au pouvoir d'une nouvelle candidature du président Condé, mais malgré cette grande résistance, nous constatons avec impuissance, une percée fulgurante du parti présidentiel dans ce sens.
Ainsi, beaucoup estiment que la Démocratie ou du moins, la démocratisation est freinée en Guinée. Mais en parlant de Démocratie ou de démocratisation, de quelle Démocratie font-ils allusion ? La Démocratie réaliste ou minimaliste qui pense qu'il y a Démocratie lorsque nous avons le minimum des droits civiques et politiques respectés. Ou de la Démocratie libérable ou maximaliste (occidentale) qui est un produit occidental triomphé suite au déclin de l'ex Union Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS) en 1989. Qui a été défini par ces parrains comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Elle a également des panoplies de principes : Liberté d'expression, de presse, de manifestation, de circulation, des droits de l'homme, de droit international etc. Sa particularité est qu'elle est un produit « d'import-export » institutionnel de l'Occident ou l'apogée de des expériences occidentales de la Démocratie, qui a pour approche la Transitologie qui est le passage d'une situation autoritaire, dictatoriale, royale… vers une transition démocratique plus ou moins apparente dans ses formes au moins, jusqu'à sa consolidation. Analysant les discours de ces indignés, nous soulignons souvent l'alternance démocratique dans leurs propos, ces propos sont les propres de la transitologie, donc, il faut croire qu'ils sont en général dans une conception de la Démocratie libérale même sans le savoir.
Par ailleurs, ces indignés ignorent certainement l'idéologie du RPG ARC, il s'agit d'un parti social-démocrate une branche du socialisme, qui n'épouse que l'économie du marché du capitalisme et prône la réforme progressive pour une transformation profonde de la société. Par définition, l'historien Michel Winock définit la social-démocratie, telle qu'elle apparaît avec le « modèle allemand » comme « une contre-société ouverte » fondée sur « un profond enracinement dans la classe laborieuse, lequel s'opère grâce à l'alliance, l'osmose ou simplement l'articulation entre parti et syndicat », se fondant sur cette définition, nous pouvons prendre l'Alliance Arc-en-ciel comme une volonté du parti à incorporer le maximum de forces politiques guinéennes pour maintenir pour se maintenir au pouvoir pendant encore des années, et, ses multiples réformes au sein de l'armée, de l'administration etc., comme le début d'un processus de transformation profonde de la société guinéenne, et, justement c'est le point de rupture entre le régime de Conakry avec les fervents défenseurs de la Démocratie Libérale, qu'est l'Occident, à travers la France. Pour nuancer cette description, il convient aussi de constater que l'idéologie du parti n'est pas connue par la majorité des militants, sauf quelques cadres du parti, à sa tête Alpha CONDÉ. Cet état de fait qui met en lumière la personnification du parti au pouvoir.
C.QUELLES CONSÉQUENCES CE CHOIX, S’IL EST VALIDÉ, POURRAIENT ENGENDRER ?
Comme nous venons de voir plus haut, si ce choix est validé par le président actuel, il faut signaler qu'il a toutes les raisons d'être réélu, car, avec justement, l'identification partisane dont nous nous sommes servi pour expliquer le comportement politique de la base électorale du RPG ARC, nous permet également que sa base resta solide et que l'élection présidentielle se jouera sur les indécis et les électeurs volatiles, dont il a la capacité de mobilisation politique à travers entre autres, l'achat de conscience, quelques fraudes électorales et l'influence administrative. Ensuite, il faut s'attendre à des remous politiques, car, l'opposition, notamment l'UFDG, est parti mobilisateur, capable de paralyser des activités du moins dans la capitale Conakry et au Fouta, lesquelles des activités constituent les recettes de L'État. Enfin, il faut également s'attendre à un divorce partiel entre la Guinée et beaucoup d'Etats où les Occidentaux et Extra-Occidentaux dans lesquels les libéraux sont au pouvoir, car, comme l'a expliqué dans son œuvre phare, « le choc des civilisations 1996 »Samuel Phillips HUNTINGTON, que les États tissent des rapports avec d'autres États en fonction de leur ressemblance, de leur culture et de leur civilisation.
En conclusion, à la lumière de ce qui précède, nous pouvons retenir que ce choix est une logique quand nous savons qu'il n'existe ni au sein de la Mouvance présidentielle un candidat capable de séduire les partisans du RPG ARC dans leur ensemble encore moins au sein de l'opposition, un leader charismatique capable de débaucher et d'unifier l'électorat essentiel de la mouvance pour remporter l'élection présidentielle prochaine. Ensuite, pour une conscience citoyenne, il faut un vaste programme d'éducation citoyenne pour une culture politique selon nos besoins, afin de rêver à un sursaut national sur des questions existentielles de notre pays.
Sékouba MAREGA
Consultant, Analyste Politique
E-mail : sekoubamarega224@gmail.com
Contact : (+224) 628 116 554
ARTICLE 2
'La diversité est un fait, l’inclusion est un choix" (par SONIKE DIANE)

'La diversité est un fait, l’inclusion est un choix" (par SONIKE DIANE)
Dans une période où notre pays est confronté à de multiples formes de violence, de dérives de communication et à la persistance des disparités sociales, je voudrais à travers cette adresse vous interpeller, appeler chaque guinéen à une collaboration franche pour la recherche de la paix et au respect de la dignité de chaque citoyen guinéen de toute sensibilité confondue. Nous devrions montrer que le ‘’vivre ensemble’’ est possible, qu’il n’est pas une utopie mais une réalité tangible que nous pouvons bâtir grâce à notre engagement personnel et solidaire.
Pour cela, il est nécessaire de travailler ensemble à l’établissement d’une véritable culture de paix, en répondant courageusement aux défis qui mettent en péril une authentique coexistence entre les différents groupes ethniques.
Dans sa longue marche vers la démocratie, l’Afrique fait souvent l’expérience des violences qui naissent un peu partout sur ce continent. Ayant pour point de départ l’ethnie, la tribu en tant que groupe social, qui se construit et se reconstruit dans les relations qu’il a l’un avec l’autre, ces conflits se nourrissent désormais des sentiments tel que le tribalisme, le régionalisme etc…
Pourtant, tout le monde s’accorde à reconnaître que les tribus entre elles n’ont vraiment pas de mal à vivre ensemble, mais les questions que nous sommes en droit de nous poser sont celles de savoir : Pourquoi les ethnies sont-elles des sources de problèmes pour l’unité et la stabilité de nos Etats ?
1 Causes du repli identitaire en Guinée
Mais aujourd’hui lorsqu’on regarde le continent africain, la violence identitaire ou les guerres ethniques nées à partir du tribalisme ont des causes multiples mais dont la principale demeure : l’instrumentalisation des ethnies et tribus par les politiques dans ce continent.
Les drames comme ceux du Rwanda, des Grands Lacs, du Congo-Brazzaville et de la Côte d’Ivoire, revêtent une dimension de pathologie historique et sociale qui interpelle et révolte la conscience universelle.
Les conflits intra et inter communautaires ont pour cause le tribalisme qui lui-même pourrait s’expliquer par :
La manipulation de la jeunesse par les politiques
Le manque d’éducation et l’ignorance de la quasi-totalité des populations
La pauvreté
La mauvaise gouvernance et l’échec des politiques qui, devant l’impuissance politique, veulent trouver des réponses dans leur ethnie, leur tribu.
Le sentiment de supériorité d’une ethnie sur une autre
Le non-respect des droits humains
L’intolérance La peur de la différence
La soif du Pouvoir avec des désirs de conquête et de conservation du Pouvoir
Le manque de démocratie à la base
Les sentiments d’injustice…
Devant toutes ces causes énumérées, le tribalisme apparaît comme arme du politique africain.
2 Le tribalisme comme arme du politique
A force d’affirmer son identité, on finit par exclure ou décourager tout ce qui n’est pas exactement comme nous. Dire ce que l’on est se résume souvent à affirmer ce que l’on n’est pas, à prononcer des excommunications, des fins de non-recevoir, des déclarations d’incompatibilité en tous genres. Ceci dit, le repli identitaire est le danger de notre époque. Un danger mortel pour le développement socio-économique de notre beau pays.
Devant, ce qu’il convient d’appeler « l’impuissance des politiques » en Afrique, le tribalisme est érigé comme une arme au service des leaders politiques africains, incapables d’asseoir les principes démocratiques dans leur pays. Ils deviennent ainsi des dictateurs capables de sacrifier leur peuple pour leurs propres intérêts.
A l’approche des échéances électorales, le politique africain se réconcilie souvent avec sa base constituée essentiellement d’hommes, de femmes appartenant à son ethnie. D’où les expressions souvent répandues du genre : « c’est notre pouvoir » « c’est nous qui commandons » « et vous vous devez attendre votre tour »
En Afrique, lorsqu’un dictateur conteste le verdict des urnes, il se réfugie dans la tribu et l’ethnie. La création des milices armées obéit bien à cette logique. Et lorsqu’il sollicite les suffrages de son peuple, il corrompt les membres de l’ethnie dont il est originaire. Il s’entoure alors de courtisans choisis non pas pour leur compétence mais d’abord pour leur appartenance ethnique.
Dans le discours politique, ils n’hésitent pas à appeler à une haine tribale et à une dévalorisation des membres d’une autre ethnie. D’où le fait que le tribalisme apparaisse aussi comme une négation d’Autrui.
3 Le tribalisme comme négation d’Autrui
Le tribalisme en Guinée commence souvent dans les familles. On entend souvent les parents intervenir dans le choix des futurs conjoints de leurs progénitures. Les stéréotypes sur une ethnie par rapport à une autre, les considérations dévalorisantes d’une tribu vis-à-vis d’une autre a pour conséquence le tribalisme qui apparaît comme la négation d'autrui. « Les Malinkés sont des kapèrès (igname) » ; « les Peulhs sont des djabèrès (tarots) » ; « les Soussous sont des chargeurs bac » les forestiers sont des koulé (singes) disaient souvent à l’approche des élections pour se chosifier, chose que nous humains, devrons refuser.
Nous ne sommes pas des choses, nous sommes simplement des humains. Tant d’autres propos dont je me réserve d’évoquer.
Au terme de cette réflexion sur le tribalisme, nous pouvons dire que ce fléau apparaît comme une violation des droits de l’homme, en ce qu’il déshumanise et nie toute dignité inhérente à Autrui, sujet de droit comme moi.
En guise de conclusion, il faut dire que les guinéens doivent admettre qu’une « ethnie », une « tribu » est d’abord une entité culturelle et sociale qui permet l’identification d’un peuple. Cette notion est certes fragile, manipulable au grès des politiciens, mais les peuples de ce continent doivent demeurer vigilants pour que le « vouloir vivre ensemble » l’emporte sur la haine tribale.
Dans un continent où les liens de parenté sont sacrés, cet effort passe par la citoyenneté et le respect des droits de l’homme qui sont aussi et surtout des droits d’Autrui.
Cette problématique nous introduit au cœur de la question de l’autre différent de nous. Est-ce que si l’autre en tant que moi qui n’est pas moi pour reprendre l’expression de Martin Heidegger, n’est pas de mon ethnie ou ma tribu constitue une raison valable pour le détruire ? Les ethnies sont certes instrumentalisées par le politique en Afrique, nous le savons.
Mais quelle réponse les sociétés africaines doivent-elles donner à cette instrumentalisation ?
Le vivre ensemble entre les ethnies ne peut pas devenir désormais « le vivre ensemble en paix » ?
Les ethnies, les tribus africaines ne sont-elles pas des richesses qui prouvent que la diversité culturelle, ethnique est bien une réalité vivante en Afrique ?
« L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni des cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu’exige l’abdication de l’individu au profit d’une communauté, elle est légitime, elle a le droit d’exister »
La diversité est là et sera omniprésente. On peut tenter de l’endiguer et d’y échapper le plus possible, ou on peut l’aménager de façon à en faire une force, une source d’enrichissement. C’est ce choix qui est le bon.
Le multiculturalisme s’épanouit difficilement dans des pays qui n’admettent pas la diversité ou les citoyennetés multiples. On ne vous demande pas de renoncer à ce que vous êtes pour devenir citoyen. On vous demande de partager les traits universels de notre culture et d’être ouvert à l’apport des autres.
Nous devrions assumer notre différence, assumer cette exigence démocratique, qui est un respect élémentaire, de parler à l’intelligence de notre peuple, de croire en la Guinée unie et forte dans sa diversité ethnique, culturelle, d’aimer à nouveau ce pays quand, et uniquement quand, il repose sur la raison des citoyens, leur pouvoir souverain, et des passions positives…
Il est maintenant l’heure de nous tourner entièrement, totalement, vers la société guinéenne.
Au fond, si je devais résumer en un mot le sentiment ou le tempérament qui vous, qui nous résume collectivement le mieux, ce serait la confiance.
Beauté, met en jachère les consciences, en dépit des ténèbres de la montée du repli identitaire.
“La folie fait le tour du globe comme le soleil, elle brille partout” nous disait La Nuit des Rois de Shakespeare. A leur folie destructrice nous opposerons la force irrésistible de notre joie et le refus de la résignation !
Soninké Diané
Email : ik_diane@yahoo.fr
Tel : 622 57 48 60


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